Dictionnaire de la Commune

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“la Commune engendre un sens qu’elle ne contient pas tout entier – un sens qui la dépasse, mais qui n’existerait pas sans elle. Tout vient peut-être de ce que la Commune est plus durable qu’elle n’a duré, de sorte que sa lumière voyage encore..”

Format 14,5 x 20 cm
Pages 806
Photographie de couverture Bruno Braquehais
Dessin du frontispice Ernest Pignon-Ernest
Collection “ Bio ”
Prix 33,00 €  31,35 €
(remise 5% liée à la vente en ligne)

Catégorie :

Extrait

L’écriture de l’histoire est sans cesse reprise par chaque époque: c’est la preuve qu’il n’y a pas de sens définitif car le propre du vivant est d’être interminable en dépit de sa finitude et de sa mortalité. Le dictionnaire, tout en allant de A vers Z, ne va nulle part: il n’impose aucune continuité. Sa composition affiche l’arbitraire de l’ordre alphabétique et démonte par là le récit même qu’elle appelle et alimente : c’est un texte sans hiérarchie, sans chronologie et, par nature, pluriel. L’événement s’y démultiplie et retourne à cet état de chantier que l’histoire a pour habitude de nier en faisant de lui un monument fini. Sur ce chantier le texte demeure en travail: il permet d’établir des rapports entre toutes les parties de “l’histoire” mais il n’achève aucun de ces rapports afin de s’en approprier l’intelligence et le mérite – ceux-là sont laissés au lecteur. Pas de vérité toute faite, uniquement des relations que la lecture établit pour s’en aller à la recherche de la vérité.

ÉTUDIANTS. Sous l’Empire, les étudiants avaient été à l’avant-garde de l’opposition: ils militaient au côté des artisans et des ouvriers dans les organisations secrètes, ils animaient les groupes de combat blanquistes, ils encouraient la mise à la porte de l’Université pour servir l’Internationale. Les journaux du Quartier Latin, comme le Candide de Tridon ou la Rive gauche, qui avaient publié les Propos de Labienus de Rogeard, avaient servi à former tous les hommes qui allaient compter dans la Commune. Au lendemain du 18mars, le Comité central ne jouit pas cependant d’une grande faveur parmi les étudiants. Trois cents délégués publièrent même le manifeste suivant: “La jeunesse des Écoles, assemblée dans l’amphithéâtre de l’École de Médecine, considérant que le Comité central a porté atteinte au suffrage universel; Déclare qu’elle fait cause commune avec les représentants et les maires de Paris, et qu’elle est prête à lutter avec eux par tous les moyens possibles contre le Comité sans mandat populaire. Elle affirme en outre qu’elle répudie toute espèce de complicité avec la réaction, qu’elle entend repousser toute tentative de coup d’État venant du pouvoir, et veut maintenir pleine et entière la République une et indivisible. Paris le 24 mars 1871.”
Les choses commencèrent à changer quand Versailles déclencha la guerre civile. Il y eut alors des manifestations au Quartier Latin, où professeurs et étudiants rédigèrent et placardèrent une lettre à Thiers où l’on pouvait lire: “Vous croyez à une émeute, vous vous trouvez en face de convictions précises et généralisées. L’immense majorité de Paris veut la République comme un droit supérieur hors de discussion. Paris a vu dans toute la conduite de l’Assemblée le dessein prémédité de rétablir la monarchie.” Début mai fut fondée une Fédération républicaine des Écoles, dont le manifeste, publié dans le Cri du Peuple du 14mai, faisait l’historique de la Commune et en justifiait l’installation en appelant les étudiants de province à soutenir le mouvement et à lutter contre la propagande de Versailles. Ce texte, qui revendiquait essentiellement le droit pour chaque ville à l’autodétermination, se terminait ainsi: “Mais si toute votre énergie, et toute la force de patience et de résignation que vous puisez dans la sincérité de vos convictions politiques, viennent se briser à leur tour contre l’entêtement de Versailles, eh bien alors, camarades, aux Armes! et que les républicains ne répètent pas, en combat –tant isolément, les fautes de 1848 et de 1851, que la France et la liberté déplorent encore! L’union fait la force! Vive la République!” Suivaient les indications et les signatures suivantes: “Au siège de la Fédération, petit amphithéâtre de l’École de Médecine. Pour la Fédération républicaine des Écoles: Carlevan, École de Pharmacie; Deviers, Sciences Naturelles; Firminhac, École des Mines; Gadaud, École de Médecine; Linjalbert, École des Beaux-Arts; Masseron, École de Droit.”

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Presse

Lire Le Dictionnaire de la Commune, un poème de Luc Grand-Didier paru dans Europe en 2001 ainsi qu'une suite d'articles et d'entretiens sur la page Un livre se faisant.

Spécifications

ISBN

978-2-36418-060-4

EAN

9782364180604

ISSN

2429-5388

Collection

Bio

Format

14,5 x 20 cm

Pages

806

Prix

33,00

Dépôt légal

1er Trimestre 2021

Auteur

Bernard Noël

Editeur

L'Amourier éditions