Ecologie ou catastrophe, la vie de Murray Bookchin

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Ce livre retrace, en nous faisant voyager dans l’histoire mondiale de l’écologie, la vie de Murray Bookchin, philosophe et sociologue, critique anticapitaliste américain et fondateur de l’Écologie Sociale.

Format 14,5 x 20 cm
Pages 80
Illustration de couverture Ernest Pignon-Ernest
Collection “ Bio ”
Prix 29,00 €  27,55 €
(remise 5% liée à la vente en ligne)

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Extrait

Ce livre retrace, en nous faisant voyager dans l’histoire mondiale de l’écologie, la vie de Murray Bookchin, philosophe et sociologue, critique anticapitaliste américain et fondateur de l’Écologie Sociale.
Aux antipodes des courants métaphysiques de type “Écologie Profonde” et des approches environnementalistes qui ne peuvent conduire qu’à un aménagement du désastre, l’Écologie Sociale est une théorie radicale qui considère comme révolus le système actuel et les rapports de domination qu’il engendre : Son message qui veut que les êtres humains soient capables de réorganiser leurs sociétés afin de les créer écologiques, est un message d’espoir. Son utopie nous donne à voir ce que pourrait être une société juste et la générosité sociale dont les êtres humains peuvent faire preuve. Ce projet créateur pourrait non seulement préserver l’ensemble du vivant mais aussi conférer un sens à nos vies à travers une action éthique qui redonne à l’être humain son libre arbitre. (extrait de l’épilogue de Janet Biehl)

Ce livre est traduit de l’anglais (USA) par Élise Gaignebet, sa version française est préfacée par Pinar Selek. Le portrait de couverture est une création d’Ernest Pignon-Ernest.

Pendant que le public s’installe, l’étudiant qui avait organisé la conférence monte sur l’estrade. L’intervenant de ce soir, dit-il, écrit sur l’écologie depuis les années cinquante. Son livre, Our Synthetic Environment (Notre environnement synthétique) – paru au printemps 1962, quelques mois avant Printemps silencieux de Rachel Carson –, alertait déjà sur les dangers des pesticides et de l’agriculture industrielle, l’appauvrissement des sols, la pollution de l’air et de l’eau, la déforestation et le nucléaire. Dans son livre suivant, Crisis in Our Cities (Crise dans nos villes), il lançait un sérieux avertissement contre le réchauffement climatique: pour éviter une catastrophe écologique, il nous faut nous sevrer des combustibles fossiles, apprendre à utiliser les énergies renouvelables et privilégier une agriculture biologique et une alimentation locale. Il est le fondateur de l’Écologie Sociale, à ne pas confondre avec l’environnementalisme, et encore moins avec le conservation­nis­me: nous parlons ici de l’écologie politique et sociale radicale. L’étudiant présentateur conclut: “Je vous remercie d’accueillir… Murray Bookchin !”
D’une démarche arthritique, le conférencier se dirige vers l’estrade. Saisissant le pupitre par les bords, il scrute la foule de ses grands yeux brûlants.
Avec un accent new-yorkais grondant, il se lance: “Mes amis, la puissance destructrice du capitalisme est sans précédent dans l’histoire de l’humanité. Il impacte directement l’environnement, menace l’air et l’eau, la flore et la faune, les cycles naturels dont dépend toute vie. Il sape la diversité, appauvrit la nature, trans­forme les forêts en déserts, la terre en sable et l’eau claire en égouts. Il inverse le processus de l’Évolution, en défaisant des millénaires d’évolution biotique.”
Son visage buriné s’anime, ses mots tombent au rythme d’un orateur de rue. Ses impressionnants sourcils frémissent comme ceux de John L. Lewis, l’ancien syndicaliste des années trente, que Bookchin – je l’apprendrais plus tard – avait beaucoup admiré.
“Non seulement le capitalisme menace l’intégrité de toute vie sur terre, mais en plus il nous transforme en marchandises. Il nous inonde de publicité, nous faisant croire que nous avons besoin de choses inutiles. Il altère nos relations sociales, les réduisant à des relations acheteurs-vendeurs. Il transforme les liens dans nos quartiers et nos communautés en rapports d’ar­gent, en les absorbant dans la logique exponentielle du marché.”
Pour qui écoute attentivement ses inflexions de baryton, il y a dans sa voix quelque chose des chants populaires russes, des prophètes de l’Ancien Testament, de l’agit-prop de la Vieille gauche et le défi narquois d’un Dead End Kid, un gamin sans avenir.
“Soit nous laissons l’économie de marché fondée sur le “marche ou crève” ravager massivement la planète – ses mains fendirent l’air d’un geste ample – soit nous reconstruisons complètement la société. Si nous voulons vivre en harmonie avec la nature, nous devons changer le système social.”
“Par le passé, les sociétés étaient moins grandes plus communales: les hommes, responsables d’eux-mêmes et les uns des autres, avaient la confiance nécessaire pour se défendre. Je ne dis pas qu’il faudrait remonter le temps. Mais nous avons beaucoup à apprendre de certaines vieilles coutumes d’interdépendance, de coopération et d’entraide.”
Le voilà qui s’agite comme un samovar en ébullition.
“Nous devons organiser un mouvement qui créera une société écologique, décentralisée, démocratique et humaniste. Nous devons commencer par revitaliser et renforcer nos communautés et nos quartiers, inventer une nouvelle politique à l’échelon local.”
Bien plus qu’un discours, c’est une performance qui pousse les auditeurs à agir.
“Mes critiques vous diront que je suis un utopiste qui rêve les yeux grands ouverts. Mais je peux vous assurer que tout ce que je propose est parfaitement réaliste. Plus nous essayons, dans une prétendue perspective pragmatique, de changer la société par de petits rafistolages, plus nous perdons de vue l’ensemble de la société. La seule solution vraiment pragmatique est la solution à long terme : celle qui s’attaque aux causes profondes de la crise écologique.”
À présent, les auditeurs, tendus en avant, se cramponnent à leurs sièges. “Mes amis! Soit nous créons une écotopie fondée sur des principes écologiques, soit nous régresserons en tant qu’espèce. Il est temps: soyons réalistes et faisons l’impossible… car sinon, nous aurons l’impensable !”

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Presse

Revue de presse Bookchin
Écologie ou catastrophe, la vie de Murray Bookchin de Janet Biehl

La revue BALLAST (août 2018) par Max Leroy
Voilà, traduite de l’anglais, la première biographie du père du municipalisme libertaire : une somme (plus de 600 pages) et une subjectivité assumée (l’auteure a été sa compagne). Bookchin fut, dit-elle, un « animal politique » ; cet épithète conduit dès lors le texte à s’attacher au parcours idéologique du natif de New York, décédé en 2006. Jeune marxiste-léniniste et tribun du Parti communiste, il tombe un jour sur Hommage à la Catalogne d’Orwell et, tout à sa détestation grandissante du stalinisme, en vient à se dire que les anarchistes ne peuvent « avoir tort »…
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La revue Psikopat (septembre 2018) par Jean-Luc Coudray
(…) L'utopie d'aujourd'hui, c'est simplement le contraire de ce que font les hommes politiques. C'est l'arrêt de la croissance, l'oubli de la dette, le revenu universel payé par le travail des machines. Murray Bookchin, inventeur de l'écologie sociale aux États-Unis, nous propose d'éradiquer les métropoles géantes, lieux marchands, impersonnels et destructeurs, pour revenir aux petites villes à taille humaine. Il remarque que les villes à échelle humaine ont toujours été des lieux de contre-pouvoir et le départ des révolutions…
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La revue Basilic (septembre 2018) par Vincent Gerber
Souvent méconnue, la vie des auteurs se révèle, parfois, aussi passionnante que leur œuvre. Celle de Murray Bookchin (1921-2006), anarchiste et pionnier de l’écologie politique, rentre en tout cas dans cette catégorie. Peu après sa mort, sa compagne Janet Biehl, qui l’a accompagné durant plus d’une décennie, a retroussé ses manches pour tenter de retracer aussi fidèlement que possible son parcours militant. Il en ressort un travail de mémoire remarquable, allant bien au-delà de la vie de Bookchin elle-même. De l’exil de ses parents russes à New York au début du 20ème siècle jusqu’à son décès en 2006, c’est presque toute l’histoire contemporaine et des mouvements radicaux occidentaux qui se contemple.…
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Le site Fahrenheit 451 (14 septembre 2018) par Ernest London
(…) Cette biographie s’attache à rapporter les événements marquants qui ont constitué le parcours de Murray Bookchin, son existence faite d’engagements, permettant de saisir l’évolution de sa pensée dans sa complexité. Une présentation sérieuse de ses théories se mêle au récit, mises en regard des influences et rencontres nombreuses, des combats dans lesquels il a pu les défendre. Son constat que l’écologie peut offrir une alternative au capitalisme à condition qu’elle n’omette pas les rapports de domination, ne peut que nous intéresser ; ses réflexions et ses propositions sur les fins et les moyens, parce qu’elles s’attaquent au système dans sa globalité, ne peuvent qu’alimenter nos débats. Une excellente introduction à l’oeuvre théorique de Murray Bookchin qui mérite clairement d’être mieux connue, d’autant qu’elle inspire en ce moment même le confédéralisme démocratique mis en application au Rojava.
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La Voie du jaguar (8 novembre 2018) par Ernest London
Même article que sur le site Fahrenheit 451

Le site Reporterre (27 octobre 2018) par Ernest London
Murray Bookchin (1921-2006) était un militant écologiste étasunien, théoricien de l’écologie sociale et du municipalisme libertaire. Janet Biehl, collaboratrice et compagne de ses dernières années, fidèle à sa promesse, retrace sa vie tout en présentant son importante œuvre théorique dans « Écologie ou Catastrophe ».
La grand-mère maternelle de Murray Bookchin, Russe réfugiée à New-York en 1913 l’influença très tôt par ses récits. En août 1927, après l’exécution de Sacco et Vanzetti, elle lui dira : « Voilà ce que le capitalisme fait aux hommes ! N’oublie jamais. »
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La Décroissance (N°154 novembre 2018) par Jean-Luc Coudray
Cette biographie de Murray Bookchin, retrace le parcours intellectuel et militant de ce fondateur de l'écologie sociale aux USA. À la fois théoricien et homme d'action, Bookchin était d'un optimisme irrémédiable. Issu de la pensée marxiste qu'il dépassa, il associa la domination sociale et la domination de la nature. Anticapitaliste, il rejeta toute forme de centralisation, de hierarchisation et d'exploitation, pour une démocratie participative au travers du municipalisme libertaire.
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Radio Zinzine (émission Un livre un jour) interview de Jean Princivalle. Écouter ici.

L'Humanité (8 novembre 2018) par Didier Pinaud
Murray Bookchin, le défricheur. Ce livre nous invite à suivre les pas du penseur du municipalisme libertaire et de l'écologie sociale. C'est l'un ou l'autre : écologie ou catastrophe. Mais ça n'est pas une raison suffisante pour employer un ton apocalyptique en politique. Murray Bookchin (1921-2006) a alerté l'opinion sur les atteintes portées à la planète dès les années 1960…
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Le MEDIA Presse (6 décembre 2018) par Kévin Boucaud-Victoire
La gestion démocratique de la ville pourrait-elle être une solution à la crise écologique, au capitalisme, mais aussi au sexisme et au racisme ? C’était en tout cas la thèse de Murray Bookchin, anarchiste américain important, dont la biographie rédigée par sa seconde épouse, Janet Biehl (Écologie ou catastrophique : La vie de Murray Bookchin, L’amourier), vient d’être traduite.
Les tentatives d’utopies sociales sont rares à l’heure du capitalisme mondialisé triomphant. Outre le zapatisme, qui a fêté ses 24 ans cette année, c’est le Rojava qui attire l’attention.
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MEDIAPART (18 décembre 2018) par Didier Harpages
Humaniste, penseur radical, anarchiste, communaliste, fondateur de l’écologie sociale, Murray Bookchin accompagna les mouvements de la Nouvelle gauche et de l’écologie aux Etats-Unis. Janet Biehl, sa compagne et sa plus proche collaboratrice durant les vingt dernières années de sa vie, propose une biographie permettant de découvrir l’œuvre de Bookchin. […]
Face à la confluence des crises écologique et sociale, qu’appréhendait scrupuleusement Murray Bookchin et qui menace aujourd’hui l’équilibre du monde, nous serions sans doute bien inspirés de proclamer, paraphrasant de la sorte les situationnistes de mai 1968 avec qui cet objecteur de croissance, optimiste volontariste s’était pourtant fâché : "Soyons réalistes, exigeons l’impossible sans quoi nous aurons l’impensable !"
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L'OURS (N°483 décembre 2018) par Sylvain Boulouque
[…] Murray Bookchin passe par les groupes trotskistes américains avant de devenir libertaire dans les années 1950. Il devient l'un des penseurs les plus novateurs dans le domaine de l'écologie sociale et de la pensée libertaire. D'abord, au début des années 1960, il s'interroge dans la ligne des socialistes américains sur la société industrielle et dénonce sa centralisation, et surtout les menaces qu'elle fait peser sur la nature.
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> Lire l'article de Vincent Gerber sur l'édition originale, Ecology or catastrophe, the life of Murray Bookchin, sur le site Écologie Sociale.ch, février 2016

Spécifications

ISBN

978-2-34618-047-5

EAN

9782364180475

ISSN

2429-5388

Collection

Bio

Format

14,5 x 20 cm

Pages

624

Prix

29,00 €

Dépôt légal

2ème Trimestre 2018

Auteur

Janet Biehl

Editeur

L'Amourier éditions