Comme des pas qui s’éloignent

19,00 18,05


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Et ce sont bien des pas qui s’éloignent dans ces textes, laissant derrière eux le poids des scories qui empêchaient de gagner en légèreté. Des pas comme une mue. Pour faire mus. Et rester le museau en l’air. Dans les tourments d’un ciel véhément. Cela s’appelle muser.

Format 17 x 23 cm
Pages 72
Frontispice de Leonardo Rosa

Collection “ Grammages ”
Prix Louis Guillaume 2000
Prix 19,00 € 18,05 €
(remise 5% liée à la vente en ligne)

UGS : 9782911718281 Catégorie :

Extrait

Comme des pas qui s’éloignent n’est pas une relation de promenade.
Ni au dehors même si le monde extérieur y est fortement dessiné depuis ses brumes, ses ciels nocturnes, ses pierriers, ses arbres, ses étangs, ses feux éteints, dressé jusque dans la finitude de ses noms ; ni au dedans même si quelque chose remonte du fond des jours, pans obscurs, taches mortes ou paquets de froid, soudain.
Ou alors ce serait dans leur entre-deux. Voilà, des pas de langue. À pas de loup dans la langue. Comme quand les loups grattent le sol, le déchaussent jusqu’à pouvoir y gîter. Un temps, du moins. Et que leurs pas sont, terre et herbes mêlées, cette croûte qu’ils rejettent. C’est peut-être de là que vient ce sentiment d’être moins face à des souvenirs qu’à quelque chose qui se construirait ; quelque chose qui serait de l’ordre d’un récit au ralenti, aux références narratives englouties ; quelque chose comme une impossible histoire.
Et ce sont bien des pas qui s’éloignent dans ces textes, laissant derrière eux le poids des scories qui empêchaient de gagner en légèreté.
Des pas comme une mue. Pour faire mus. Et rester le museau en l’air. Dans les tourments d’un ciel véhément.
Cela s’appelle muser.

Sixième pas

I
C’est arrivé, le soir.
Adossé aux dernières flammes du jour, pourvu de quelques brindilles, ramassées sur le chemin d’un songe, j’entretenais des yeux le rythme des chaleurs, décidé à pousser jusqu’à l’extrême bord des cendres.
C’est arrivé, comme une muse, quand l’épaule du monde bascule vers l’avant.

II
Le ciel avait enjambé la crête.
C’est à peine si j’eus le temps de tourner la tête, Roquebarbe, noyé dans la flaque mauve de ses yeux arrachés, se perdait dans le hoquet de ses pierres, tandis que les hauts murs des grillons, qui tout le jour enserraient les regards, s’éboulaient dans un silence blanc.
Perdu parmi les arbres qui ne me voyaient plus, le ciel soufflait, comme une bête mourante, sa calme douleur.

III
C’est alors que les fruits s’éveillèrent.
Pommes non plus pommes mais étoiles dans le rayon de leur arôme. L’air vibrait d’une musique à fort goût de jaune. L’ample et aveuglante odeur qui brûlait la pommeraie arrivait par vagues jusqu’à mes sables, asséchait leur sang ancien et noircissait de cendres les arêtes éteintes d’un sel qui s’obstinait.

Une fièvre rase courait sous les feuilles, s’écorchait aux branches, rayait les herbes d’ombre.

Senti plus qu’entendu, le chant des sources jaunes ne se posait nulle part.

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Spécifications

ISBN

2-911718-28-3

EAN

9782911718281

ISSN

1284-6570

Collection

Grammages

Format

17 x 23 cm

Pages

72

Prix

19,00 €

Dépôt légal

2ème trimestre 1999

Auteur

Alain Freixe

Editeur

L'Amourier éditions


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