J’ai senti ton absence exacte au rendez-vous

35,00 33,25


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À l’initiative d’Ernest Pignon-Ernest nous nous sommes engagés, à sa suite, sur la trajectoire sans concession de Marie-Claude Grail. Daniel Biga, qui a aussi été son ami, nous a proposé un poème d’introduction et Alain Freixe a écrit une pré et postface intitulée «Seize coups d’aile pour Marie-Claude Grail aux prises avec l’absolu» pour encadrer poèmes, documents, dessins et croquis annotés qui constituent ce livre.

Format 23 x 31 centimètres
Pages 106
Accompagné d’une dizaine de dessins
et croquis annotés d’Ernest Pignon-Ernest.
Collection “ L’Amble ”
Prix 35,00 €  32,25 €
(remise 5% liée à la vente en ligne)

UGS : 9782911718649-1-1 Catégorie :

Extrait

Ils étaient quelques-uns à Nice dans le début des années soixante à peindre, dessiner, écrire… Marie-Claude Grail était de ces amis-là aux côtés de Daniel Biga, Ernest Pignon-Ernest qui tentaient d’essorer l’obscurité des temps.
Ces jeunes gens s’aimaient et aimaient. L’amitié les portait, celle exigeante de la création. Marie-Claude Grail écrivait pour le théâtre. Ses poèmes furent publiés dans Les Temps Modernes, la revue de Sartre et de Beauvoir dont elle devint l’amie.
Cinquante ans plus tard, Ernest Pignon-Ernest retrouva les cendres éblouies de nombreuses lettres et poèmes qui tous disent la liberté et la difficulté d’aimer quand c’est l’amour que l’on aime…

Je vous rejoins

Je vous rejoins au coeur du Festin, ma tête roule de guirlandes lourdes. Au fond, dans un halo de cuivres qui vibrent, tu m’attends et la nuit s’éternise en nous. Les Cavaliers en cercle se sont levés, dans un long froissement d’étoffe et j’avance vers toi entre la haie des Musiciens dont les mains seules vivent. La Harpe suit mon glissement par l’allée profonde. La harpe et le vin doux qui me coulent vers toi… Soudain, comme un grand vent s’éploie, je danse, et c’est la danse même : nous avons tout le temps, le temps de danser la danse du Temps même, tout le corps tendu s’offre et se dérobe et se cloue, nu, sur une note aiguë qui fulgure jusqu’aux étoiles… La musique broie son vin noir par saccades le long de nous… Ton visage immobile approche comme une coupe et ma bouche roule tout le sable des plages… Mais tu retournes au large, des doigts sur un tambour ont alourdi mes pas, la terre me prend aux chevilles et le gel, un haut gel d’aurore, monte en moi… Tu verses un flot de vin clair dans la coupe, et, de loin, tu la tends vers moi dans la brume. Je ne vois que tes yeux, ton regard, une flaque, ils brûlent d’une douceur telle ! Un vertige me prend et le tambour se brise aux rives de la Harpe, mes pas luttent avec la terre gelée… Mes bras, plus gourds que les oiseaux d’Hiver, s’ouvrent et te cherchent, remontant la haie soyeuse… Et la danse, à nouveau reprend, me porte par volutes légers vers la coupe tendue, la flaque, ton visage… Ô, Cavaliers, retournez au camp, enivrez-vous à mort, à nos amours : vos chevaux piaffent sous l’ombrage, et j’atteins le fond de l’Allée…

Ah ! laissez-nous, allez ! – Le Festin bruisse comme un boisseau de mouches,
d’oiseaux égorgés : laissez-moi.
Laissez-nous, la Fête, pour nous, commence !
Je t’atteins. Tu m’attends. Tu m’as toujours attendue.
Nous avons tout le temps.
J’ai bien failli mourir, là ; au coeur de la Danse.

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Presse

L'AMOUR À MORT
(Article de Michel Sajn, Journal La Strada)

L’ouvrage dont nous parlons ici est sorti il y a plusieurs mois, mais il est un des plus importants pour la poésie et l’esprit créatif de notre région. En effet Marie-Claude Grail fut une auteure de théâtre, mais aussi une poétesse extraordinaire.

Marie-Claude Grail écrivait d’ailleurs : "La création est une charge et une décharge de tension, comme l’amour. Ce que nous partageons est une forme d’amour, du plus dangereux amour qui soit (…) un certain degré d’intensité, cette vibration met en danger (de folie, de mort même) celui qui la ressent toute." Marie-Claude sera de ceux-là, rajoute Alain Freixe.

Ils étaient quelques-uns à Nice dans le début des années 60 à peindre, dessiner, écrire... Marie-Claude Grail
était de ces amis-là, aux côtés de Daniel Biga ou Ernest Pignon-Ernest, qui tentaient d'essorer l'obscurité des
temps. Ces jeunes gens s'aimaient et aimaient. L'amitié les portait, celle exigeante de la création. Marie-Claude
écrivait pour le théâtre. Ses poèmes furent publiés dans Les Temps Modernes, la revue de Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir dont elle devint l'amie.

Cinquante ans plus tard, Ernest Pignon-Ernest retrouva les cendres éblouies de nombreux poèmes et correspondances qui tous disent la liberté et la difficulté d'aimer quand c'est l'amour que l'on aime... C’est à son initiative que cet opus est paru. Il encadre d’ailleurs, avec ses superbes croquis et dessins, les textes de cet ouvrage publié aux excellentes éditions L'Amourier, qui suit poétiquement la trajectoire et les pas de Marie-Claude Grail.
L'hommage est collectif: son ami Daniel Biga offre un poème d’introduction, de même qu'Alain Freixe qui a
écrit la préface et la postface intitulée Seize coups d’aile pour Marie-Claude Grail aux prises avec l’absolu qui,
grâce aux poèmes de Marie-Claude, redonne vie avec une fraîcheur exceptionnelle à cette jeunesse qui aimait
l’amour à mort, et qui continuera longtemps, du moins nous l’espérons…

Michel Sajn

Ah! laissez-nous, allez! – Le Festin bruisse comme un boisseau de mouches, d’oiseaux égorgés: laissez-moi.
Laissez-nous, la Fête, pour nous, commence!
Je t’atteins. Tu m’attends. Tu m’as toujours attendue.
Nous avons tout le temps.
J’ai bien failli mourir, là; au cœur de la Danse.
(extrait)

Spécifications

ISBN

978-2-36418-063-5

EAN

9782364180635

Collection

L'Amble

Format

23 x 31

Pages

106

Prix

30,00 €

Dépôt légal

3ème Trimestre 2021

Auteur

Alain Freixe,

Daniel Biga,

Ernest Pignon-Ernest,

Marie-Claude Grail

Editeur

L'Amourier éditions