Avant la nuit

12,00 11,40


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Entre présence et déroute, entre les reprises, les tombées, les relances, les pertes. Entre quelque chose venu du fond et qui remonte jusqu’à nous et quelque chose qui s’en va, rapide sur “le plissé de l’air”. Tel est le seul lieu habitable, du moins le seul qui ne se berce d’aucune illusion ; le seul aussi qui ouvre un avenir.

Format 14,5 x 20 centimètres
Pages 70
Logo couverture Derez A Derez
Collection “ Fonds Poésie ”
Prix 12 € 11,40 €
(remise 5% liée à la vente en ligne)

UGS : 9782364180369 Catégorie :

Extrait

Avant la nuit croise des textes aux adresses précises: amis peintres et poètes de l’auteur. Tous à attendre à partir de pratiques différentes ce “miracle, qu’est, dans l’art ou dans la passion, l’aspiration la plus profonde de la vie” et dont Georges Bataille disait qu’elle concernait ce “désir d’être émerveillé”, désir propre à l’homme. Désir de présence, claire, brûlante et renversante.
Entre présence et déroute, entre les reprises, les tombées, les relances, les pertes. Entre quelque chose venu du fond et qui remonte jusqu’à nous et quelque chose qui s’en va, rapide sur “le plissé de l’air”. Avant la nuit, quelque chose qui n’est pas fait pour le regard, nous traverse pourtant. Passe derrière nos yeux et se perd dans le loin du corps.
Quelque chose qui nous pousse à écrire. Encore. Avant la nuit.

Le matin j’ai peur
I
On retourne aux sombres temps, comme on ouvre un coffre. On revient, en coupant court par les alluvions. Les limons, leurs fondrières et toute cette boue près des sources. On revient à gué. Hors les ponts. On revient pour lever la part inentamée de quelques pans de terre restés tassés à attendre la lame des labours. On revient pour passer.
II
Je te voyais. Tu t’éloignais des forges. Dernières lumières d’eau, ce rouge qui fumait et se tordait dans tes yeux. Voies étroites, aux courbes en échappées pour ton pas d’homme. Tout cela tu. Cela qui te tenait. Te retenait dans le blanc de la douleur. Creusait des puits d’où ne remontaient jamais que des seaux de silence. À l’eau mauve. Dans les grincements, je les basculais sur les terres de mon pays, langue aux sables avides, taillée à l’aigu du noir. Et je te parlais de lumières ! Tu te souviens. À l’avant de la nuit. Hors les tombes. Elles ne règnent plus que sur quelques cristaux de sel. Ils brûlent ! Debout dans le petit matin. À vide, dans le bleu.
III
Et puis il y eut ce bruit.
Dans le champ du regard. Parmi ses taies. Ses bandes. Ses pansements. C’était un bruit blanc. Un bruit de blattes mortes. Avec vue sur l’égout.
Il n’avait rien réclamé ce corps avant de s’effondrer. Rien. Si ce n’est un visage. Peut-être. À peine une lumière que tu aurais pu lui donner. Sur la nuque. Pour qu’il se retourne. Et voir si son sourire aurait pu trépaner ta peur.
IV
La rue s’est refermée sur son secret quand je me suis éloigné. La mort, la taciturne, tournait. Sa frappe paresseuse laissait des traces dans l’air. Blanches comme ces vibrations que les cloches abandonnent aux campagnes. Les jours de glas et de brumasses. Et qui durent. Air sur air.
V
Malgré les mots qui ricochent sur la nuit, malgré leurs bruits, secs et noirs, qui creusent l’air d’une transparence à fendre les pierres, malgré les mains malhabiles des heures qui fouillent les ruptures, quelque chose comme du calme s’installe. Arrive à s’installer. Un vaste champ de calme. Comme un large cri muet.
VI
Le mur. Au bout. On ne veut pas le voir.
Le mur, on le fera.
Demain.

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Spécifications

ISBN

978-2-36418-036-9

EAN

9782364180369

ISSN

2117-5470

Collection

Fonds poésie

Format

14,5 x 20 cm

Pages

70

Prix

12,00 €

Dépôt légal

4ème trimestre 2016

Auteur

Alain Freixe

Editeur

L'Amourier éditions